La généalogie révèle parfois bien des surprises…

18 février 2016 par sgbtech

La généalogie révèle parfois bien des surprises…

Tiré du magazine ‘Cherchons’ vol 15 # 3 – Automne 2013

Par : Jean-Claude Veilleux

La recherche de mes ancêtres, même les plus lointains, m’a toujours fascinée. J’étais surtout curieux de savoir s’il y avait parmi eux des ascendants de sang royal. Plusieurs d’entre nous descendons, sans même le savoir, du Roi Guillaume II de Normandie, dit Guillaume le Conquérant (~1027-1087), Roi d’Angleterre, lui-même un des nombreux descendants de Charles Ier Carolingien, dit Charlemagne (742-814), Roi des Francs. Il nous faut donc faire plusieurs recherches parmi nos lignées ancestrales et remonter plusieurs générations pour déterminer si, effectivement, nous avons des ascendants royaux.

 

Il y a environ deux ans, j’ai finalement retracé dans ma branche maternelle, non pas une, mais deux lignées ascendantes me reliant directement à Guillaume le Conquérant (ma 32e génération ascendante) et à Charlemagne (ma 42e génération ascendante), en passant par de nombreux rois et reines, tant de France que d’Angleterre.

 

Cette trouvaille m’a permis de retracer mon lien de parenté avec la Reine Élisabeth II d’Angleterre, descendante également de Guillaume le Conquérant. Je suis ainsi un de ses 23e arrière-petit-cousins éloignés au 4e degré.

 

Surprise! En peaufinant mes recherches, j’ai découvert récemment que la Reine Élisabeth II n’est pas l’héritière légitime du Trône d’Angleterre, tout comme ne le sera pas le bébé royal du Prince William et de Catherine Middleton, le petit Prince George de Cambridge, né le 22 juillet 2013.

 

En effet, le Roi Edward IV d’Angleterre (1442-1483) – représenté à droite – qui régna de 1461 à 1483, n’était pas de sang royal. Pour votre information, la ligne de succession royale dépend de deux règles pour être légitime :

vol 15 # 3-1

  1. descendre d’une lignée de sang royal ;
  2. être un enfant légitime.

 

Selon les recherches de Tony Robinson, écrivain, présentateur et historien amateur, qui en fit le sujet d’un documentaire historique en 2004, le Roi Edward IV est reconnu comme étant illégitime et aurait été conçu par un archer anglais basé à la garnison royale en France.

 

À l’été 1441, son père, Richard Plantagenêt, Duc d’York (1411-1460) et son épouse, Cécile Neville, vont en France durant la guerre de l’Angleterre avec la France. Alors que Richard est parti se battre lors d’une campagne à Pontoise près de Paris, son épouse, demeurée à la cour de Rouen, a une relation avec un archer nommé Blaybourne. Des rumeurs circulaient concernant cette relation hors mariage. Neuf mois plus tard, naît Edward Plantagenêt qui deviendra Edward IV, Roi d’Angleterre, en un peu moins de 20 ans plus tard.

 

Il y a eu des rumeurs, tout au long de sa vie et même après sa mort, qu’Edward était un enfant illégitime, mais il n’y avait pas de preuve à cet effet. Cependant, un historien britannique, spécialiste d’histoire médiévale française, le Dr Michael Jones, retraça un document original dans les archives des registres de la Cathédrale Notre-Dame de Rouen, lequel prouva pour la première fois les rumeurs qu’Edward était un bâtard. Il est peu probable que la naissance de l’enfant fut prématurée, car cela aurait été indiqué dans le registre.

 

Comme Edward est né le 28 avril 1442, à Rouen en Normandie (faisant alors partie de l’Angleterre) – 500 ans et 6 jours avant ma propre naissance – il aurait été conçu à l’été 1441, soit durant la période cruciale de 5 semaines, au cours des mois de juillet et août, alors que son père (Richard) était à Pontoise, du 14 juillet au 21 août 1441, à 124 milles (200 km) de distance et à 5 jours de marche de Rouen, où était restée sa mère (Cécile).

 

Même si la date de conception n’est pas une science exacte, si on remonte 40 semaines à partir de la date de naissance, Edward aurait été conçu vers le milieu de la période d’absence du père, soit entre le 1er et le 8 août 1441.

 

De plus, on dit qu’Edward ne ressemblait pas à son père et à sa mère; Cécile avait même déclaré, dans une déposition légale, que l’enfant était un bâtard, sachant que la vérité était vitale pour l’intégrité de la lignée royale. Aussi, Edward fut baptisé dans des circonstances pouvant être considérées question nables, surtout si l’on compare son baptême à celui de son frère cadet Edmund, Comte de Rutland, en 1443, le deuxième fils de Richard et de Cécile.

Edward lui-même doutait de sa légitimité au Trône royal et, voulant établir qu’il était un enfant légitime, son entourage élabora un scénario possible. Comme l’itinéraire de Richard et Cécile indique qu’ils al-lèrent en France au début de juin 1441, la conception d’Edward aurait eu lieu en mai 1441, pour une naissance le 28 avril 1442, soit une grossesse de 11 mois. On dit alors que l’enfant était né huit semaines en retard ! Ce qui est impossible.

 

Il en résulte donc que tout la ligne de succession de la monarchie britannique depuis 1461, en passant par le Roi Henri VIII, la Reine Elizabeth I, le Roi George III, la Reine Victoria – pour n’en nommer que quelques-uns – sont tous des rois et des reines illégitimes.

 

Il n’en fallait pas plus pour Tony Robinson de partir à la recherche de celui ou de celle qui devrait être sur le Trône d’Angleterre aujourd’hui.

 

Selon ses recherches généalogiques, considérant qu’Edward IV était un enfant illégitime et les règles de préséance, la succession au Trône en 1461 aurait dû être accordée à un des enfants de sang royal de son frère cadet George Plantagenêt, 1er Duc de Clarence (1449-1478) et de son épouse, Isabelle Neville, notamment le fils aîné de Margaret Plantagenêt, dite Margaret Pole, 8e Comtesse de Salisbury (1473-1541), la dernière descendante de la dynastie des Plantagenêt (dont je descends directement moi-même de par le Roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt (1133-1189)). Les descendants de sang royal de Margaret Plantagenêt, épouse de Sir Richard Pole, de par la ligne féminine (Henry Pole/Jane Neville, Catherine Pole/Francis Hastings), deviennent alors des descendants d’Henry Hastings, 3e Comte d’Huntingdon (1535-1595).

 

Au cours des siècles qui suivirent, la lignée de sang royal descendante des Hastings nous amène à George Lord Hastings, Earl of Loudoun, au début des années 1800, dont la sœur, Flora Hastings, fit les manchettes et se trouva mêlée à un scandale vers 1838, en tant que Dame de compagnie de la Duchesse de Kent, la mère de la Reine Victoria – cela est cependant une autre histoire intéressante…

 

La liste des autres descendants directs de cette lignée de sang royal, dont je ne ferai pas mention des noms ici, nous amène à Michael Abney-Hastings, détenant le titre de 14th Earl of Loudoun (hérité de sa mère) – descendant direct de la lignée de George Plantagenêt.

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Michael Abney-Hastings

Adolescent, Michael quitta l’Angleterre avec sa famille pour l’Australie en 1960. Il fut retracé à Jerilderie, un petit village de New South Wales, situé à environ 400 milles de Sydney. Cet homme, fermier dans une rizière et conducteur de chariots élévateurs, serait donc l’héritier direct de sang royal de la Couronne d’Angleterre et devrait maintenant s’appeler le Roi Michael I.

 

Michael savait depuis longtemps qu’il était héritier du titre de 14th Earl of Loudoun. Mais, après être tombé amoureux d’une fille du pays, il a abandonné toute prétention nobiliaire et s’est installé tranquillement à Jerilderie.

                                                                                                                                                   Michael Abney-Hastings

 

Michael est veuf et a cinq enfants et cinq petits-enfants. Il aime sa vie en Australie et est un républicain Australien. Voici d’ailleurs sa famille, c’est-à-dire la famille royale légitime :

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Le plus vieux des garçons – à droite sur la photo, Simon Abney-Hastings, serait alors le Prince de Galles, héritier légitime de la Couronne, selon les règles de succession royale.

Le palais de Buckingham a refusé de commenter spécifiquement sur la revendication de Michael Abney-Hastings au Trône britannique, mais a déclaré que c’est le Parlement qui détermine qui devient mo-narque et qui doit détenir le titre au Trône.

Depuis la diffusion du fameux documentaire de Tony Robinson, Michael Abney-Hastings est décédé le 30 juin 2012, à l’âge de 69 ans (il était né le 22 juillet 1942). L’héritier légitime de la Couronne est maintenant Simon Abney-Hastings, 15th Earl of Loudoun. Il est âgé de 38 ans et est célibataire. Il travaille dans une usine de textile de la ville de Wangaratta, à environ 140 milles de Melbourne. Il a dit qu’il n’était pas de son intention de revendiquer la Couronne d’Angleterre, tout comme son père.

 

En effet, en janvier 2004, après la diffusion du documentaire télévisé en Grande-Bretagne, Michael Abney-Hastings avait déclaré à la télévision australienne : « En fait, je ne pense pas vraiment me rendre compte de la portée de l’information. Mais je n’en veux pas. Je ne vais pas écrire une lettre à la reine disant : ‘Vous avez trois semaines pour partir et vous me devez 500 ans de pension’.

 

Je vous invite à regarder le documentaire historique Britain’s Real Monarch de Tony Robinson à l’adresse Internet suivante : http://www.youtube.com/watch?v=7DCasz6oeL4. Cette vidéo en anglais d’environ 48 minutes, est très intéressante et vous en dira beaucoup plus sur cette histoire ainsi que sur Michael Abney-Hastings et les recherches qui ont mené jusqu’à lui.

 

Malgré le fait que la Reine Élisabeth II ne serait pas l’héritière légitime de la Couronne britannique, tel que suggéré ici, il n’en demeure pas moins, comme déjà mentionné plus haut, que j’ai un lien généalogique avec elle. Nous descendons tous les deux du Roi Henri III Plantagenêt, dit d’Angleterre.

 

Si vous descendez, tout comme moi, d’Anne Couvent (~1604-1675) et de son époux Philippe Amyot (~1601-~1639), ou encore de Jacques Guéret dit Dumont (1665-1739) et de son épouse Anne Tardif (~1675-1752), vous êtes également des descendants directs de Guillaume le Conquérant et de Charlemagne.

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